19/11/2012

Actualités

Mardi 19 Juin 2012 - 18h40

Prisons

 

Détenus handicapés : Jean-Marie Delarue demande des aménagements adaptés

 

Face à la surpopulation carcérale, le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) demande le rétablissement de la loi d'amnistie du 14 Juillet, notamment pour les prisonniers handicapés.

Distribution de médicaments à la prison de Montmedy (55)
Distribution de médicaments à la prison de Montmedy (55)

Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) - prisons, centres éducatifs fermés, centres de rétention, hôpitaux psychiatriques - vient de publier une recommandation sur la surpopulation carcérale dans laquelle il tire la sonnette d’alarme en ce qui concerne les droits fondamentaux. Avec 67 000 détenus pour 57 000 places, la situation est en particulier désastreuse dans les maisons d’arrêt ; la dignité des personnes n’y est pas forcément respectée. « Traiter quelqu’un comme un animal » n’est pour lui pas acceptable. Afin de faire de la place et d'éviter les récidives favorisées par de telles conditions de détention, Jean-Marie Delarue propose l’amnistie pour certains détenus.

 

LES DÉTENUS HANDICAPÉS SERAIENT LES PREMIERS CONCERNÉS

 

La question de la santé est une problématique importante dans ce rapport, notamment pour les personnes en situation de handicap, comme l'explique Jean-Marie Delarue : "Nous avons été frappés et nous avons mené des enquêtes précises sur des cas individuels, concernant le sort des personnes handicapées en détention. D'abord l'architecture de la prison n'est pas du tout conçue pour abriter ces personnes. Deuxièmement, la vie collective de la prison n'est pas du tout prévue pour aider des gens qui sont en fauteuil roulant, qui ont des béquilles (moi j'en ai vu beaucoup) et, par conséquent, ces personnes-là souffrent non seulement de la détention mais du sort dans lequel on les tient. (...) Je crois que l'amnistie est envisageable, mais je crois qu'il y a surtout quelque chose qui s'appelle la suspension de peine pour raisons médicales. Force est de constater qu'aujourdh'ui, la suspension de peine pour raisons médicales, qui réclame deux expertises contradictoires, est utilisée de façon très peu fréquente. Par conséquent, beaucoup de personnes dont chacun pourrait penser que leur situation de handicap n'est pas du tout compatible avec la prison, y restent ; et je crois qu'il y a là des situations très peu enviables."

 

Ecouter l'intégralité de l'interview de Jean-Marie Delarue.

 

La photo est extraite du site Carceropolis , site d'informations et de ressources multimédia sur les prisons et le milieu carcéral de France.

Vincent Lochmann