handicap et maternité

  • Accessibilité Maternité


    Handicap et maternité : un film pour le dire

    Pour le grand public et, paradoxalement, pour de nombreux professionnels de santé, il est encore difficilement concevable qu’une femme victime d’un handicap puisse être mère. On ne peut donc que le déplorer. C’est pour lutter contre les idées reçues et briser le tabou, que le film « Handicap et maternité » a été réalisé. Coproduit par le Groupe Pasteur Mutualité et la Mutuelle nationale des hospitaliers et des professionnels de la santé et du social (MNH), il donne la parole à de nombreux parents qui « sont des parents comme les autres », insiste Béatrice Idiard-Chamois.

     


    Handicap et maternité : un film pour le dire

     
     


    Béatrice Idiard-Chamois, sage-femme, a fondé à l’Institut mutualiste Montsouris (Paris) la première consultation dédiée aux couples qui désirent un enfant et dont l’un des conjoints est victime de handicap. Créée en octobre 2006, cette consultation reste unique en France, bien qu’elle commence à faire des émules. Comme le montre le film « Handicap et maternité »
    1, elle est pourtant nécessaire. Les personnes victimes d’un handicap vivent en effet dans un environnement qui n’est pas conçu pour elles, voire qui leur est hostile. La conduite d’une grossesse, puis la parentalité, réclament une foule d’informations non seulement médicales, mais aussi juridiques ou sociales, notamment pour les prises en charge financières. Aussi les consultations sont-elles souvent longues (une heure et demi). Elles ne peuvent être menées que par un professionnel qui connaît bien ce domaine. Ainsi, Béatrice Idiard-Chamois a suivi de nombreuses formations spécialisées, et Sophie Serreau, sage-femme à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière (Paris), a appris la langue des signes pour mieux communiquer avec ses patientes mal-entendantes.


     


    MNH - Bande annonce du film Handicap & Maternité par com-video


    Dans une organisation des soins dominée par le paiement à l’acte, en libéral comme à l’hôpital, les problèmes de financement des consultations sont aigus, souligne Edith Thoueille, puéricultrice à l’Institut de puériculture de Paris. Et les décalages entre les textes juridiques et la réalité sont énormes. Sait-on que la loi votée en 2005 impose que tous les établissements publics, y compris ceux dits de santé, soient accessibles « depuis la porte jusqu’au lit » aux personnes victimes de handicap au plus tard en 2015, alors que l’état des lieux actuel montre que les hôpitaux sont parmi les établissements les moins accessibles ? Et que tous les futurs professionnels de santé doivent suivre un module de formation au handicap ?

    Car dans l’idéal, la prise en charge des mamans victimes d’un handicap devrait largement excéder celle effectuée par les établissements de santé et être assurée en grande partie par les acteurs de l’ambulatoire, sages-femmes libérales, professionnels de PMI et médecins de proximité en premier lieu. Un long chemin reste donc à faire...