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 - Publié le 11/02/2014 à 11:57  logo-lepointfr.png

 

 

Accessibilité des villes aux handicapés: constat  "accablant" malgré des progrès"

 

 

Les villes ont fait des progrès dans l'accessibilité aux personnes

handicapées,mais le constat reste "accablant" avec à peine plus

de la moitié des écoles et seulement 42% des réseaux de bus

accessibles, estime l'Association des Paralysés de France (APF)

mardi en publiant son baromètre annuel.

Les commerces de proximité, ainsi que les cabinets médicaux et

paramédicaux sont également loin du compte, alors que la loi de 2005

avait fixé l'objectif de rendre accessibles d'ici à 2015 les bâtiments

recevant du public et les transports.

Le gouvernement a reconnu en septembre que ces objectifs ne seraient

pas atteints, et mené une concertation avec les acteurs publics et

privés pour qu'ils s'engagent sur un calendrier de travaux

(les "agendas d'accessibilité programmée"). L'APF craint cependant

que ce dispositif n'entraîne "un délai supplémentaire inacceptable

de 3 à 9 ans".

Dans un communiqué, la ministre déléguée aux Personnes handicapées, 

Marie-Arlette Carlotti, a précisé que "ces agendas demanderont aux acteurs

qui n'ont pas pu se mettre en conformité au 31 décembre 2014 de

s'engager sur un calendrier précis et resserré de travaux d'accessibilité,

avec des sanctions en cas de non-respect".

Sur la base de cette concertation, un projet de loi "d'habilitation" sera

présenté au conseil des ministres, a-t-elle ajouté. "Dès son adoption

par le Parlement au printemps 2014, une ordonnance sera publiée" pour

compléter la loi de 2005 et ces agendas "entreront immédiatement en

vigueur".

Dans la 5e édition du baromètre de l'accessibilité de l'APF, Grenoble

conserve la tête du classement avec une moyenne de 18,7/20, suivie

de Nantes avec 18/20, tandis que Caen prend la troisième place

avec 17,6/20.

Aucune ville n'est sous la moyenne en 2013. En queue de peloton on

trouve Digne-les-Bains avec 10,2/20, précédée de peu par Alençon et

Chaumont (10,3).

Un total de 95 chefs-lieux départementaux de France métropolitaine ont

répondu, Paris ne l'ayant pas souhaité, précise l'APF. Sa note de 2012

(13,2/20) la place en 64e position du classement 2013.

 

La note moyenne nationale n'a cessé de s'améliorer en cinq ans,

passant de 10,6 en 2009 à 13,04 en 2012 et 14,14 en 2013.

Cependant, l'APF estime qu'un tel niveau, à quelques mois de

l'échéance de 2015, est "un grave échec de la politique de mise en

accessibilité de la France". Elle demande que cet "enjeu primordial" soit

inscrit dans les programmes des candidats aux élections municipales.

Elle souligne qu'"un tiers des chefs-lieux départementaux n'ont même

pas la moyenne pour l'accessibilité de leurs équipements municipaux",

Quimper obtenant la plus mauvaise note dans ce domaine.

Certaines villes ont cependant connu "des évolutions significatives",

reconnaît l'APF en louant le dynamisme de Poitiers et Mont-de-Marsan

(+4,5 points de moyenne chacune), Dijon (+3,9), Nîmes (+3,6 points),

Besançon (+2,9), Laval et Saint-Etienne (+2,7).

Parmi les points positifs, elle note l'accessibilité des centres

commerciaux, ainsi que des progrès pour les bureaux de poste, et

dans l'accès aux piscines et aux cinémas.

L'APF se concentre sur le handicap moteur et évalue les concepts suivants:

"un cadre de vie adapté", "des équipements municipaux accessibles",

"une politique locale volontariste", d'après des questionnaires remplis

par les délégations départementales de l'APF et les mairies.

Près de 10 millions de citoyens sont concernés par le handicap,

rappelle l'association en soulignant qu'il faut y ajouter toutes les

personnes à mobilité réduite (personnes âgées, femmes enceintes,

parents avec poussettes, blessés temporaires).

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